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«L'apprentissage de nouveaux matériaux est fondamental pour ces peintures de l’Oeil inspirées des pendentifs en verre bleu vendus sur les marchés turcs pour éloigner le mauvais sort. Une certaine ironie artistique se dégage de ces images fortes et ludiques qui naissent du bleu acrylique sous une fine couche de colle blanche. Denses, épurées, ces toiles rendent compte d’un nouveau mouvement vers des lignes sobres et une palette simplifiée.»
Cherry Smyth, critique d'art
Avec ces nouvelles toiles, je ne raconte plus mon histoire du seul point de vue d’une culture isolée où j’aurais grandi et dans laquelle je continuerais à vivre. Mes cultures d’origine,turque et kurde, comme celles danoise ou britannique qui m’ont formé, ont toujours été une importante partie de ma vie. Quand on me demande mes origines, je suis toujours tenté de répondre que je suis un produit de la mondialisation. Je suis né en Turquie de parents kurdes. J’ai grandi au Danemark, étudié en Europe et je vis depuis plus de dix ans à Londres
Les pendentifs contre le Mauvais Œil ont toujours été des objets familiers. On les accroche dans les voitures, les maisons et les magasins. On les offre aussi aux adultes, aux enfants et spécialement aux nouveau-nés.
Le verre est naturellement le matériau de la transparence. Cette transparence est difficile à exploiter en peinture. Elle est même souvent rejetée. Je pense aux maîtres des écoles d’art qui insistent pour que les toiles de leurs élèves soient entièrement recouvertes. Or le blanc de la toile révèle mieux la transparence de la colle avec laquelle j’enduis mes peintures.
Ces nouvelles peintures marquent une évolution de mon travail qui change et se transforme comme tout ce qui vit sur cette planète. Cette transparence que j’essaie d’installer dans la toile est aussi une nouvelle manière de répéter qu’il n’y a rien à « comprendre » dans ma peinture : je veux seulement offrir une énergie. Cette énergie doit être la seule à parler, à faire sens. C’est pour cela que je ne signe pas mon nom sur le devant des toiles.
J’aime l’abstrait. Il rassemble l’esprit au-delà de l’image. La confusion que je trouve dans le tableau m’aide à me concentrer sur ce qui importe vraiment plutôt que de m’arrêter sur ce que l’artiste souhaite que je regarde.
Après tout, nous sommes tous des abstractions qui durent jusqu’au moment où nous décidons de nous clarifier à nos propres yeux et dans le regard de ceux qui nous entourent.
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